Piraterie moderne
| 17 octobre 2011 | Posté par Alex de chez Lagoon sous Univers Voyage et Croisière |
Depuis janvier 2011, 335 attaques de pirates furent recensées dans le monde. Si on prend l’exemple de la Somalie, 188 incidents furent enregistrés avec 8 tués et 400 otages dont 301 sont toujours détenus.
Début septembre, la triste nouvelle d’un skipper de catamaran tué pendant une attaque de pirate au large du Yémen fut annoncée sur les écrans de la télévision française. Cet article veut corriger certaines idées reçues que les navigateurs peuvent avoir lorsque l’on parle de piraterie.
La piraterie n’existe qu’au large de la corne de l’Afrique
Malheureusement non, aujourd’hui les zones de pirate les plus dangereuses sont :
- Le golfe d’Aden et sa région (partie ouest de l’océan Indien, mer d’Oman, bassin somalien);
- Le détroit de Malacca;
- Le golfe du Bengale;
- Le golfe de Guinée;
- La mer des Caraïbes et en particulier sa partie sud avec le Venezuela.
On remarque que les pires zones pour la piraterie sont situées sur les principales routes de commerce maritime avec l’exception de la mer des Caraïbes qui est une zone touristique importante.
La piraterie n’existe qu’en navigation
Faux : au mouillage, les vols d’annexe et d’électronique existent. Des drames y arrivent aussi et la malheureuse histoire de Peter Blake tué en voulant protéger son bateau et son équipage s’est déroulée au mouillage au Brésil.
Les militaires peuvent protéger les plaisanciers
Prenons l’exemple du golfe d’Aden : Si on regarde de près on se rend compte que cette zone est bien plus grande que toute l’Europe. Les forces militaires en présence pour surveiller la zone sont :
- 5 à 10 vaisseaux de surface,
- 1 à 2 bateaux de ravitaillement,
- 2 à 4 avions de patrouille maritime.
Cette présence varie en fonction de la saison de la mousson qui impacte le niveau de piraterie sur la zone. Le coût de l’opération Atalante est d’environ 8,05 millions d’euros pour 2011. Ces quelques chiffres permettent de mieux comprendre pourquoi le fléau de la piraterie est difficile à combattre.
Naviguer en flotte représente un bon moyen de protection contre les pirates
Selon la fédération internationale de voile (ISAF), la stratégie de la navigation en flotte utilisée en 2010 n’est plus efficace en 2011 à cause de l’évolution des techniques de piraterie. Ces derniers ont développé : leur capacité à naviguer au large avec des bateaux mères, l’utilisation d’armes de guerre (lance-roquette, AK47…) et attaquent des navires de marine marchande de plus en plus gros. Donc un convoi de 20–30 voiliers n’est plus vraiment dissuasif. De plus, ces flottes ne peuvent être protégées par les forces militaires qui sont réservées aux navires commerciaux.
Donc, comme le dit l’ISAF : “Bien que nous admettons que la décision finale d’entrer dans une zone où des pirates agissent et quel comportement à avoir restent sous l’entière responsabilité du skipper du bateau, la recommandation par les forces militaires est simple : Ne pas naviguer dans la partie ouest de l’Océan Indien, la mer d’’Oman, le bassin somalien ou le golfe d’Aden.”
Pour ceux qui veulent plus d’info :
Vous pouvez télécharger le guide sur la piraterie de l’ISAF (en anglais), écrit en coopération avec le centre maritime de sécurité de la corne de l’Afrique et des forces navales européennes.
Site de la chambre de commerce internationale ayant une partie dédiée sur le crime de piraterie avec une carte mise à jour en temps réel :
http://www.icc-ccs.org/piracy-reporting-centre
Le site du célèbre circumnavigateur Jimmy Cornell :
http://www.noonsite.com/General/Piracy


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