Technique

Configurer un mouillage méditerranéen sur longue amarre (partie 1)

15 novembre 2019 | | Temps de lecture 8 minutes

NauticEd est le numéro 1 du e-learning nautique. Entreprise basée aux États-Unis, cette dernière est spécialisée dans la formation nautique et la certification de navigation internationalement reconnue par les fédérations mais aussi les sociétés de location ! Aujourd’hui, ce Wikipédia de la formation nautique en ligne, nous donne quelques astuces sur ce qu’on appelle la longue amarre.

 

Une longue amarre passée à terre est une méthode d’amarrage très pratique. Principalement utilisée en Méditerranée comme système standard, cette méthode permet l’amarrage de plusieurs bateaux le long d’une portion de côte. Mais elle peut aussi être utile partout, particulièrement lorsqu’il n’y a ni quai, ni marina mais seulement une portion de côte non aménagée.

Pour résumer, cette manœuvre appeler “d’embossage”, consiste à mouiller l’ancre près de la côte, et après avoir culé, à frapper une ou plusieurs amarres de l’arrière du bateau à un point fixe à terre.

Voici quelques astuces et techniques qui rendront votre manœuvre d’embossage, avec des amarres longues, plus efficace.

 

La mise en place

Comme pour tout, la mise en place est l’élément le plus important pour garantir la réussite. Tout d’abord, vous devez sélectionner un emplacement adapté. Il y a quelques éléments à prendre en compte lorsque vous choisissez votre zone de mouillage.

 

Profondeur :

Vous devez effectuer une rapide reconnaissance pour évaluer la profondeur au point de mouillage de l’ancre, ainsi qu’à proximité de la côte. Vous ne pouvez pas mouiller par une profondeur trop importante et vous ne pouvez pas non plus mouiller par une profondeur trop faible, afin que votre safran ne touche pas le fond lorsque vous culerez vers la côte.

Amarrage :

Ensuite, cherchez un point précis à terre sur lequel vous pourrez amarrer le bateau. Cela pourrait être un arbre bien placé, ou un rocher d’une forme adaptée, afin que vous puissiez frapper l’amarre sans que celle-ci ne glisse.

 

Amarres :

L’utilisation d’amarres flottantes est idéale, mais non obligatoire. Leur utilisation facilite leur passage à terre et permet d’éviter qu’elles ne se prennent dans les hélices. Les amarres doivent être longues, plus longues qu’à première vue, car à l’emplacement définitif vous pourriez vous trouver entre 6 et 45 mètres de la côte.

Vous pouvez rabouter des amarres pour accroître la longueur totale, mais même dans ce cas elles doivent être longues. Une paire d’aussières de quai ne suffira probablement pas. Si vous naviguez avec un bateau de location, assurez-vous que la société de location vous fournisse au moins deux longues amarres.

Il est probable que les longues amarres soient déployées du bateau vers la côte avec un angle ; aussi faites attention à ne pas disposer les longues amarres du mauvais côté du balcon arrière sous peine de l’arracher.

Deux longues amarres sont la meilleure solution pour prévenir l’évitage du bateau lors d’un changement de vent. En cas de vent latéral, la première amarre longue à frapper à terre doit être l’amarre au vent.

Lorsqu’on utilise de très longues amarres, il est recommandé d’y fixer un système de flotteurs pour les rendre visibles des autres bateaux.

 

La Préparation :

Préparez la manœuvre avec l’équipage et communiquez précisément le rôle de chacun. Il y a quelques points importants à prendre en considération :

  • Est-ce que l’amarre sera portée à terre à la nage ou est-ce que cela se fera avec l’annexe ?
  • Quelle est la configuration de la côte ? Si la côte est rocailleuse, des chaussures seront à prévoir pour la personne responsable de l’amarrage. Attention aux oursins !
  • Qui sera la personne la plus apte et la plus compétente pour cette manœuvre ?
  • Est-ce que la personne choisie pourra faire un nœud de chaise ou un tour mort et deux demi-clés sans commettre d’erreur ?
  • Qui sera en charge de mouiller l’ancre en utilisant les techniques appropriées ?
  • Quelles sont les conditions de vent ? Les vents venant de l’avant ou de l’arrière sont faciles à appréhender mais le vent latéral requiert une certaine habitude de la manœuvre. Si le vent souffle à plus de 7 nœuds, vous n’aurez pas beaucoup de temps pour effectuer votre manœuvre, en particulier par vent de travers.
  • Les catamarans sont plus simples à manœuvrer que les monocoques lorsqu’il faut garder une position stationnaire.

 

Il existe deux méthodes pour passer l’amarre à terre : à la nage ou en utilisant l’annexe.

À la nage :

Bien que nager à terre soit amusant et plaisant, le vent reste un facteur décisif (mis à part la température de l’eau). Nager à la côte prend du temps et il peut être difficile pour le barreur de rester stationnaire sur l’emplacement prévu si le vent est traversier. Utilisez un nageur compétent, capable d’effectuer un nœud efficace. Pensez à protéger vos pieds une fois sur la côte.

 

En cas de vent latéral, une fois que le bateau a culé pour atteindre son emplacement définitif, le nageur peut se saisir de l’extrémité de la longue amarre au vent, qui a été préalablement frappée à l’extérieur du balcon arrière, puis l’amener à la côte en nageant. Un équipier devra assister le nageur en faisant filer la longue amarre, tout en rendant compte au barreur de l’évolution de la manœuvre, et en maintenant l’amarre loin de l’hélice. Une fois frappée à terre, l’équipier à bord fixera son extrémité au taquet.

 

Le nageur pourra alors retourner à bord et passer l’amarre sous le vent (en cas de vent latéral) à terre et la frapper.

Même en absence de vent latéral, vous devez considérer que les conditions de vent peuvent changer. Aussi, il est toujours prudent d’avoir deux longues amarres disposées avec un angle.

 

En annexe :

Si vous prévoyez d’utiliser l’annexe pour passer une longue amarre à terre, vous aurez un peu de flexibilité par rapport au vent. Vous pouvez soit passer toute la longue amarre (non frappée sur un taquet du bord) en utilisant l’annexe une fois le bateau en position, ou bien dans le cas de conditions de vent plus difficiles, vous pouvez d’abord utiliser l’annexe (encore une fois avec la totalité de la longue amarre à bord et non frappée au bateau) avant de mouiller l’ancre.

 

Lors de conditions de vent difficiles (vent latéral), commencez par choisir la position de mouillage appropriée ainsi que les bons points d’amarrage sélectionnés. Stoppez le bateau à l’écart de l’emplacement choisi, puis envoyez l’annexe à terre ainsi que la totalité des deux longues amarres, avec l’équipage approprié. L’équipage à bord de l’annexe frappera l’amarre au vent sur le point sélectionné à terre et la ramènera à la position définitive de mouillage. Une fois cette opération terminée, le barreur peut donner l’ordre de mouiller l’ancre, faire culer le bateau vers l’annexe, et frapper la longue amarre au vent sur un taquet. Puis, l’équipage de l’annexe effectuera la même manœuvre avec la longue amarre sous le vent.

 

Visualisez ce tutoriel détaillant l’utilisation de l’annexe pour amener une longue amarre à terre.

http ://www.nauticed.org/images/animations/LongLineAnimation/LongLineAnimation.html

 

Si le vent est favorable, les conditions sont remplies pour mouiller l’ancre, faites culer le bateau jusqu’à sa position définitive et effectuez les manœuvres au moyen de l’annexe. Pour rappel, un catamaran est plus facile à maintenir en position stationnaire de par sa manœuvrabilité au moteur.

 

Une fois les longues amarres et l’ancre en place, il est judicieux de raidir l’ensemble, afin d’éviter que le vent ne pousse le bateau contre les bateaux voisins ayant adopté un mode de mouillage similaire. Pour cela, culez au moteur sur l’ancre, reprenez le mou des longues amarres et frappez-les aux taquets ; ou bien, avancez sur votre ancre en reprenant le mou de la ligne de mouillage au guindeau, ce qui mettra en tension les longues amarres.

 

Enfin, si possible, il peut être judicieux de plonger sur l’ancre pour s’assurer de sa tenue sur le fond et vérifier que la longueur de la ligne de mouillage est suffisante.

Nous espérons que cet article vous sera utile ! Ces informations ne sont pas des règles strictes et la responsabilité des manœuvres d’un bateau reste du ressort du capitaine de bord. Seule la personne en commande peut et doit prendre les décisions pour maintenir l’intégrité de la sécurité de son bateau et de son équipage.

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