Carnet de voyages

Family Pacific Dream: à quoi ressemble la vie à bord de Ganesha, un Lagoon 380?

31 octobre 2018 | | Temps de lecture 5 minutes

Voilà que nous sommes en mer depuis 2 mois déjà. Après avoir exploré les côtes de Nouvelle-Calédonie, nous avons mis le cap sur le Vanuatu où nous sommes arrivés, sur l’île de Tanna, au pied du volcan Yasur. Nous le regardons fumer et observons la nuit, la couleur rouge de son cratère qui se reflète dans les nuages, au-dessus de nos têtes.

C’est fantastique de pouvoir déplacer sa maison d’une île calédonienne, comme Lifou dans les îles Loyautés, jusqu’au pied d’un volcan, au Vanuatu!

La vie à bord suit son rythme, les enfants appellent le bateau « la maison » et nous avons, Marjorie comme moi, trouvé nos repères que ce soit dans les manœuvres, la navigation, comme dans les tâches ménagères.

Cela ne s’est pas fait en un jour, il nous a fallu plusieurs semaines, en réalité plus d’un mois, pour nous organiser. Les premières semaines étaient très chargées avec la mise en route du bateau, de nombreuses heures passées dans les magasins de Nouméa à chercher toutes les petites bricoles qui servent au quotidien; à faire des courses de nourriture, pour s’équiper en produits de base, puisque nous ne rencontrerons que de petits marchés de fruits et légumes sur notre route.

Nous avons été surpris par le temps passé à ces préparatifs, qui se faisaient lors de nos escales régulières à Nouméa ou en mer pour les finitions techniques sur le bateau.

Nous nous sommes souvent demandés quand nous allions trouver le temps de faire l’école des enfants ou de pratiquer les activités que nous avions envisagées avant notre départ: chasse sous-marine, plongée, pêche, yoga, peinture, lecture…Car un des objectifs de notre voyage est aussi de prendre le temps de pratiquer nos loisirs.

Les journées défilaient à grand train et nous étions occupés du matin au soir par des tâches ménagères ou techniques.

Et puis nous avons eu la visite de nos premiers invités à bord: ma sœur, son mari, et leur bébé de 6 mois. Leur venue a provoqué un déclic, qui nous a permis de lever la tête, sortir des préparatifs, prendre le temps de profiter!

Quel bonheur d’avoir des invités à bord, de leur faire découvrir notre maison sur l’eau, d’avoir un bébé qui gazouille et distrait Ulysse et Titouan. Voilà 5 semaines que nous étions en vase clos, à quatre, 24h/24. Ce fut une respiration pour chacun de nous d’avoir de la visite.

Il me semble qu’à partir de ce moment, nous sommes véritablement passés de l’étape de préparation à celle du voyage.

Nous avons choisi d’entamer les cours pour les enfants vers mi-août, avant la date « officielle » de la rentrée car nous savions que nous ne pourrions pas tenir un rythme de classe très régulier. Il est en effet compliqué de faire cours pendant une traversée, en raison du rythme des quarts, ou de la météo parfois agitée. Aussi, lorsque nous recevrons des visites – puisque plusieurs membres de notre famille et des amis ont prévu de venir passer quelques semaines à bord – il sera difficile de consacrer les 5 heures nécessaires au programme quotidien du CE1, pour Ulysse notre fils ainé.

Comme nous l’avions anticipé, jouer le rôle d’instituteur, ou institutrice, n’est pas aisé!

Là encore, il nous a fallu plusieurs semaines pour pouvoir nous organiser et trouver la bonne pédagogie, ainsi que la patience nécessaire.

Nous n’avons pas fixé de rythme quotidien particulier puisque chaque jour, chaque mouillage, amène de nouvelles aventures: découverte d’une île, rencontre avec les populations locales, entretien du bateau, pêche, cuisine, navigation, tout cela fixe le pas. Nous nous levons tôt et nous couchons aussi tôt, au rythme du soleil. Nous profitons de chaque journée calme pour avancer sur le programme scolaire, sans tenir compte des jours de la semaine. 3 heures le matin, 2 heures l’après-midi, agrémentées de nombreuses pauses: baignade, lecture, cuisine, jeux de société, dessin, parties de foot sur la plage ou… (merci le catamaran!) …trampoline!!

Nous profitons aussi des innombrables occasions qui s’offrent à nous pour illustrer les leçons théoriques en pratique: découvertes du monde marin, des plantes, des serpents ou observation des étoiles. Nous nous baptisons « les explorateurs de la mer » et leur racontons les histoires des premiers navigateurs européens qui ont parcouru les chemins que nous suivons, tel que James Cook ou Bougainville.

C’est un bonheur de voir nos deux garçons qui évoluent dans cet environnement particulier. Eux qui étaient maladroits, bruyants, agités au cours des premières semaines à bord, deviennent de vrais petits mousses: adroits, débrouillards, autonomes et toujours curieux et joueurs!

Nous accueillons pour quelques semaines leur grand-père, qui arrive à point nommé pour fêter les 7 ans d’Ulysse.

A nous l’exploration du Vanuatu en famille!

Thibaut, Marjorie, Ulysse et Titouan, à bord de Ganesha.