Carnet de voyages

L’art de vivre en autonomie à bord de Ganesha, un Lagoon 380 !

31 janvier 2019 | | Temps de lecture 5 minutes

Cela fait déjà 4 mois que nous naviguons au gré du vent dans l’océan Pacifique en famille. Avec nos deux enfants à bord de notre Lagoon 380 Ganesha, nous nous sommes donnés 6 mois pour découvrir tous les secrets de la Mer de Corail.

L’archipel du Vanuatu a été pour nous un très gros coup de cœur, c’est après avoir découvert le volcan Yasur que nous avons décidé de prolonger notre séjour parmi les plus de 80 îles du Pays Debout. Ce qui m’a marqué le plus en arrivant sur ce territoire, est son caractère isolé et peu développé. Lorsqu’on décide d’y naviguer il faut le prendre en compte et mesurer sa capacité à être totalement autonome.

En effet, ici, il n’existe presqu’aucune infrastructure et l’unique chantier naval qui est basé à Port-Vila n’a ni port de plaisance, ni magasin d’accastillage. Il nous arrive de croiser, bien sûr, quelques plaisanciers mais ils sont très peu nombreux. Il est difficile de s’en plaindre car c’est une des raisons pour laquelle nous sommes tombés amoureux de cet archipel.

Malgré la formation technique dans le secteur de la plaisance que j’ai suivi il y a une vingtaine d’années, je n’ai jamais vraiment eu l’occasion de mettre en pratique ces connaissances depuis. Pourtant, sur notre multicoque nous devons être capable de réparer tous les types de problèmes techniques.

Nous avons été très chanceux jusqu’à présent car nous avons rencontré très peu de problèmes à résoudre. Force est de constater que le Lagoon 380 est un catamaran très fiable grâce à des équipements simples : deux moteurs Yanmar, deux panneaux solaires, une électronique B&G et un dessalinisateur 12V de conception très intuitive. Nous n’avons pas de groupe électrogène a bord, ni climatisation, pas même de congélateur. L’équipement est effectivement moins confortable que dans certains autres bateaux mais nous souhaitions avant tout réduire les problèmes d’ordre technique.

Notre première mise à l’épreuve fut de trouver des bouteilles de gaz adéquates à notre bateau car les bouteilles françaises sont différentes des calédoniennes. Nous ne tenions pas à modifier l’installation mise en place par le chantier Lagoon pour des raisons évidentes de sécurité. Nous avons donc arpenté de nombreux magasins de bricolage, rencontré différents ingénieurs de la société de gaz locale et nous avons finalement réussi à mettre en place une installation simple et fiable.

Quelques semaines plus tard, nous avons eu un problème d’alimentation électrique sur notre dessalinisateur. Par chance, nous n’étions pas loin de l’ile principale du Vanuatu et nous avons pu retourner rapidement à Port Vila, le seul endroit où l’on peut trouver des magasins pour résoudre notre problème. Il nous a également fallu faire de nombreux essais afin de trouver une solution viable. Le cout de transport des pièces défectueuses aurait été trop élevé depuis la France, nous avons donc opté pour l’utilisation de pièces utilisées par les chantiers immobiliers. Nous avons donc finalement réussi à remettre en marche le dessalinisateur.

Les îles du Vanuatu s’approvisionnent en eau de pluie ou grâce à des puits mais la qualité de l’eau n’est pas toujours au rendez-vous. Il y a eu plusieurs cas d’infection notamment d’Hépatite B en récoltant l’eau de l’île. Une fois encore le système « D » a fait ses preuves et dans ces endroits reculés, c’est le seul système qui fonctionne !

Ce sont les deux vrais seuls problèmes techniques que nous avons rencontrés lors de nos quatre mois de navigation. C’est relativement très peu comparé à d’autres bateaux que nous avons croisés. Cela s’explique aussi par la fiabilité de notre Lagoon Ganesha, sa simplicité d’utilisation et l’attention que nous lui portons. Nous mettons un point d’honneur à nettoyer le bateau régulièrement, ce qui nous permet de repérer les potentiels futurs problèmes. En l’absence de mécaniciens spécialisés, nous faisons nous-même les révisions des moteurs toutes les 100 heures, nous inspectons et vérifions la tension du gréement régulièrement tout en jetant un œil à l’installation des équipements électriques et de la plomberie.

Nous pensons qu’il est important de réellement prendre soin de son bateau. Nous naviguons calmement en réduisant la voilure tôt, nous tournons à des régimes faibles ou moyens et nous rechargeons les batteries dès que nécessaire. Ce mode de vie correspond à notre vision de la navigation. De plus avec des enfants à bord nous ne souhaitons pas relever des défis mais profiter de chaque étape au rythme de la famille. En effet, lorsqu’on explore des contrées aussi reculées il est indispensable de faire attention à tous ses faits et gestes. Ce voyage nous a permis de développer de nombreuses compétences. Même si cela était parfois un peu stressant au début de l’aventure, on s’est vite rendu compte que nous étions capables de nous adapter de façon extraordinaire. C’est en se lançant qu’on apprend au fur et à mesure à relever ce genre de défis.

Un bateau de qualité, beaucoup de soin et d’entretien, un peu de gestion sur le terrain et vous avez tout ce qu’il vous faut pour vous lancer dans l’aventure…

Allez-y, elle est juste là, au bout de l’étrave !

Thibaut, Marjorie, Ulysse et Titouan à bord du Lagoon 380 Ganesha.