Technique

Optimisez les performances de votre pilote

21 octobre 2019 | | Temps de lecture 4 minutes

Qu’il s’agisse d’un cap, d’un angle par rapport au vent ou d’une position GPS, le pilote électrique est cet équipier obéissant qui cherche toujours à respecter la consigne, celle que vous avez transmise via le pupitre de commande. Relié à des capteurs (compas, GPS, girouette), il traite l’information et transmet en temps réel un ordre au vérin, branché sur le secteur de barre. Un équipier obéissant si on sait le comprendre et lui parler…

Grâce notamment aux recherches en course au large, les pilotes ont fait d’énormes progrès ces dernières années. Mais pour en bénéficier pleinement en croisière, faut-il encore connaître leur fonctionnement, l’accès aux différents modes et agir sur les bons paramètres… sans oublier de bien régler ses voiles !

A part le mode GPS, tous les pilotes du marché proposent un mode compas ou un mode vent qui se dédouble généralement en mode vent apparent ou vent réel (voir article sur le vent réel dans ce blog). Lequel choisir en fonction de l’allure ?

Voici quelques repères avant d’appuyer sur la touche « on »

Quel mode à quelle allure ?

Au près, on obtient en général les meilleurs résultats en utilisant le mode vent apparent.

Au bon plein et tant qu’on navigue avec des voiles plates (Grand-Voile/génois), le mode compas fonctionne assez bien, à condition d’avoir bien réglé les paramètres (voir plus bas).

Au vent de travers et au portant, surtout si la mer est formée, le mode vent réel est le plus performant. Le bateau subit en effet de fortes accélérations et les variations de vent apparent sont importantes. Si l’on reste sur le mode vent apparent, le pilote a tendance à trop accentuer les mouvements. Pensez notamment que lorsque le bateau accélère sur une vague, le vent apparent augmente, son angle se resserre (il refuse) : le pilote a donc tendance à faire abattre le bateau au delà de ce qui est nécessaire pour conserver un sillage rectiligne. Optez donc pour le « vent réel » !

Le mode virement de bord et empannage

C’est en général en appuyant simultanément sur deux touches que l’on déclenche le virement. Le réglage de l’angle parcouru par le bateau est généralement de 100° par défaut mais il est paramétrable. Sur un catamaran et notamment dans les petits airs, on a tout intérêt à augmenter cette valeur pour aider à relancer le bateau sur la nouvelle amure.

Sur quels paramètres agir ?

Le gain : C’est le réglage de base. Il désigne le niveau de réponse du vérin.

A partir d’une certaine valeur, le gyromètre prend le pas sur le compas. Le pilote cherche alors prioritairement à contrer les mouvements de lacets qu’enregistre instantanément l’accéléromètre (gyro). Du coup, le cap est mieux suivi.

La contre barre :  Après avoir donné un coup de barre, vous la ramenez naturellement au delà de la position centrale pour contrôler l’inertie du bateau. Ce mouvement que reproduit le pilote s’appelle la contre-barre. Son réglage dépend directement de l’état de la mer et du niveau de gain. Plus la mer est croisée, plus on a tendance à augmenter le gain, mais il ne faut pas oublier de monter aussi le niveau de contre-barre.

Pour les plus perfectionnistes, on peut aussi intervenir (selon les modèles de pilotes) sur le coefficient de barre (à ne pas confondre avec le gain) et le lissage du vent.  L’accès à tous ces paramètres est plus ou moins convivial. L’idéal est de noter quelques configurations qui marchent en fonction des conditions et des combinaisons de voilure.

 

Et ne demandez pas à un pilote ce qu’un barreur ne saurait tenir ! Pour obtenir un sillage droit, signe extérieur d’un pilote bien réglé, il faut d’abord avoir stabilisé au maximum le bateau.

 

Crédit photos : Nicolas Claris / JMF/LAPROD