Technique

Manœuvres de port : les bons réflexes

9 juillet 2020 | | Temps de lecture 4 minutes

Elles impressionnent le néophyte par la surface du bateau, mais sont souvent plus simples que sur un monocoque. A condition de respecter quelques règles … et de s’entraîner

NB : Dans cet article, nous ne passons pas en revue chaque manœuvre en fonction de l’orientation du vent mais cherchons plutôt les règles qui s’appliquent systématiquement et valent dans chaque cas.

Un peu de vitesse SVP !

Par ses dimensions, la hauteur des superstructures et son gréement, un catamaran a nettement plus de fardage qu’un monocoque. C’est pourquoi il faut toujours garder un peu de vitesse dans les manœuvres.

Pour la raison évoquée ci-dessus, il faut aussi toujours conserver en tête l’axe du vent pendant sa manœuvre et éviter de préférence de se positionner sur son travers.

Les manettes, pas la barre…

Repérez le point zéro de la barre avant la manœuvre en tournant la roue ou en vous servant des instruments. L’idéal est de la laisser dans l’axe et de ne manœuvrer qu’avec les deux moteurs

 

Préférez l’arrière à quai

Si possible, préférez toujours accoster l’arrière à quai pour faciliter la descente au ponton des équipiers par les jupes. Une fois le bateau saisi par l’arrière, il n’est pas difficile de ramener les coques parallèles au ponton en appui sur la pointe arrière ou la garde avec le moteur opposé et de prendre tout son temps pour amarrer l’avant.

Contre le vent

Choisissez toujours si c’est possible de manœuvrer contre le vent plutôt qu’en étant poussé. Et familiarisez-vous dans un espace dégagé avec tout le potentiel des manœuvres inversées des deux moteurs (un en avant, l’autre en arrière) qui permet de tourner sur place, quelle que soit la taille de votre catamaran.

La meilleure défense, c’est …

Pour décoller un catamaran d’un quai ou, au contraire, l’y ramener en parallèle, la manœuvre qu’il faudra le plus fréquemment utiliser est l’appui sur garde  : on bloque une des extrémités au ponton avec une garde et on actionne l’un des deux moteurs seulement : le moteur de la coque opposée au quai s’il faut ramener le bateau contre le quai, le moteur de la coque immobilisée s’il faut au contraire décoller.

Dans chaque cas, il faut disposer à bord de deux ou trois grosses défenses de forme plate ou mieux lenticulaire (surtout pas ronde) qui présentent l ‘avantage de ne pas rouler et rayer le gel coat et de mieux amortir la charge qui peut être importante.

A propos de défense, attention à ne jamais les installer à l’endroit des hublots de coque qui pourraient avoir tendance à s’abîmer avec la pression de la défense.

Le langage des signes

La position de barre surélevée des catamarans modernes permet généralement de disposer d’une vue panoramique et d’embrasser les quatre angles. En revanche, elle est assez éloignée des équipiers qui se positionnent amarres lovées à la main aux extrémités. Apprenez à communiquer avec la main plutôt que crier ce qui n’ajoute généralement que du stress (et dérange le voisinage !). Une rotation du doigt levé pour dire « avant » ou « arrière », le poing fermé pour signifier « stop » et autant de doigts pour indiquer le nombre de mètres qu’il reste avant d’atteindre le ponton.

Pour apprendre à manœuvrer en vidéo :